"Lorsque vous essayez de vous réparer, vous renforcez
votre croyance que quelque chose en vous est cassé.
Vos histoires passées renforcent vos peurs et justifient
vos rituels d’autoprotection.
Dès que vous vous connectez à ce que vous voulez,
vous vous connectez aussi aux raisons pour lesquelles
vous ne pouvez pas l’avoir.
"Je veux quitter mon travail, mais je ne le peux pas.
Je veux m’engager dans cette relation, mais je ne
le peux pas"
Encore et encore, sans cesse l’éternelle quadrature
du cercle.
Vous voulez introduire une énergie nouvelle dans votre
vie tout en gardant toutes vos vieilles habitudes.
Vous voulez changer, mais vous avez peur du
changement.
D’une certaine façon vous préférez votre souffrance
telle qu’elle est, parce que c’est une quantité connue.
Vous pensez que changer quelque chose à votre vie
pourrait empirer les choses.
Vous préférez une douleur connue à une douleur inconnue,
une souffrance familière à une souffrance inédite.
Votre ego soutient fermement ce statu quo.
C’est pour cela que les projets héroïques qu’a l’adulte
pour changer sa vie sont inéluctablement sabotés par
les peurs de l’enfant blessé : celui-ci ne pense pas
qu’il est digne d’être aimé et, de ce fait, ne peut
s’imaginer une vie sans souffrir.
L’enfant intérieur blessé voit toute promesse de le délivrer
de la souffrance comme un piège pour vous faire baisser
la garde et vous rendre vulnérable aux attaques.
Ainsi, vos peurs vous empêchent de vous ouvrir à la
possibilité d’un changement significatif dans l’existence.
Ce que vous dites vouloir n’est pas ce que vous voulez
réellement.
L’adulte et l’enfant blessé sont en désaccord et
lorsque ceci se produit, c’est en général l’enfant blessé
qui gagne.
Malheureusement, cela n’est source de bonheur
ni pour l’adulte ni pour l’enfant.
Cela n’aboutit qu’à prolonger votre souffrance habituelle,
intériorisée.
Dans ce contexte de duplicité où la psyché est en
guerre contre elle-même, arrivent alors toutes sortes de
réparateurs professionnels: des psychiatres, des prédicateurs,
des gourous.
Chacun d’entre eux affirme avoir la réponse mais chacune
des solutions proposées ne fait qu’empirer le problème.
Lorsque vous pensez qu’il y a quelque chose qui cloche
en vous, votre honte et votre sentiment d’indignité sont
encore plus forts.
Lorsque vous essayez de vous réparer, vous renforcez
votre croyance que quelque chose en vous est cassé.
Les réparateurs professionnels croient à vos histoires de
cassure et tentent de vous guérir.
Si votre histoire n’est pas assez savoureuse, ils vous
aident à en rajouter.
Il s’agit à présent de grande tragédie, de péché et de salut.
Il ne leur vient jamais à l’esprit, ni au vôtre, qu’il se peut
que rien ne soit cassé, que peut-être il n’y a rien en vous
qui ait besoin d’être réparé.
Aucun d’entre vous n’imagine que le seul aspect
dysfonctionnel de votre situation puisse être le fait que
vous croyiez que quelque chose est cassé, que vous
n’aurez jamais ce que vous voulez.
Les problèmes externes que vous percevez sont des
projections de ce conflit interne:
"Je veux mais je ne peux pas avoir".
Si vous vouliez bien vous permettre d’obtenir ce que
vous voulez, ou si vous vouliez bien cesser de le désirer
parce ce que vous savez que vous ne pouvez pas l’obtenir,
le conflit cesserait.
Avoir ce que vous voulez ou accepter que vous ne
pouvez pas l’obtenir met un terme à votre conflit.
Cela met aussi fin à votre histoire.
Si vous avez ce que vous voulez, ou si vous vous êtes
réconcilié avec l’idée de vous en dispenser, vous n’avez
pas d’histoire.
Il n’y a pas de dramaturgie de la quête.
Pour que cette dramaturgie se poursuive, il est impératif
que vous ne trouviez pas ce que vous cherchez.
Trouver l’amour, le bonheur, la joie etc. conclut l’histoire.
"Et ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps…"
Fin de l’histoire.
Fin du film.
La vérité, c’est que vous n’êtes pas prêt à renoncer à
votre cinéma.
Votre histoire fait maintenant partie de votre
identité.
Votre douleur est une partie intégrante de votre
personnalité.
Vous ne savez pas qui vous êtes sans elle.
Laisser tomber le cinéma signifie laisser le passé se dissoudre
là, tout de suite.
Si vous arrivez à faire cela, peu importe ce
qui s’est produit par le passé.
Cela n’a plus de pouvoir sur vous.
Cela n’existe plus.
Vous écrivez sur une page blanche.
Cela signifie que vous êtes totalement responsable de ce que
vous choisissez.
Il n’y a plus d’excuses.
Lorsque vous n’interprétez plus votre vie en fonction de
ce qui s’est produit hier ou l’année dernière, ce qui se
passe est neutre.
C’est ce que c’est.
C’est libre de toute charge.
La liberté d’être pleinement présent et responsable à
l’instant même est quelque chose d’immense et de terrifiant.
Très peu de gens la désirent.
Pour la plupart, le passé est un noeud coulant qu’ils portent
autour du cou.
Qui se resserre jusqu’à vous étouffer et vous empêcher
de vivre.
Vous restez dans tout ce cinéma parce que vous adorez cela.
Vous continuez à traîner votre passé parce que vous y
êtes attaché.
Vous devez donc guérir de toutes les blessures que vous
croyez avoir.
Peu importe que ces blessures ne soient pas réelles en
définitive, car pour vous, elles existent vraiment.
Et donc le film continue.
Vous ne pouvez pas dire à quelqu’un qui est en
prison et à qui on donne trois repas par jour que la liberté
représente sa propre sécurité.
Il veut ses trois repas un point c’est tout.
Ensuite, il parlera de liberté.
Lorsque vous êtes attaché à ce que vous avez déjà,
comment pouvez-vous faire rentrer une nouveauté?
Pour introduire quelque chose de nouveau, de frais,
d’impondérable, vous devez renoncer à quelque chose
de vieux, de rassis et d’habituel.
Si vous voulez que la créativité se manifeste en vous,
vous devez renoncer à tout ce qui n’est pas créatif.
Alors, dans l’espace créé par ce renoncement, la
créativité entrera à flots.
Si la tasse est pleine de vieux thé froid, comment voulez
vous y verser le thé chaud que vous venez de faire ?
Vous devez commencer par vider la tasse.
Ensuite vous pourrez la remplir.
Si vous désirez renoncer à votre film, trouvez d’abord ce
que vous y avez investi.
Que gagnez-vous à ne pas trouver, à ne pas guérir,
à ne pas vivre heureux jusqu’à la fin des temps ?
Mais ensuite, soyez honnête.
Si vous ne voulez pas traverser votre souffrance,
dites la vérité.
Dites : "Je ne suis pas encore prêt à traverser ma douleur.
Ne dites pas : "Si seulement je pouvais en finir avec elle,
mais je n’y arrive pas".
C’est un mensonge.
Vous pourriez vous en débarrasser, mais vous choisissez
de ne pas le faire.
Peut-être êtes-vous satisfait de l’attention que vous
obtenez comme victime?
La plupart de ceux qui affirment être sur le chemin de
la spiritualité pédalent dans le vide.
Ils se trouvent toujours des excuses.
Lorsque vous avez appris à accepter d’être responsable,
il n’y a plus d’excuses.
Vous ne perdez plus de temps et ne faites plus de
promesses de gascon.
Vous attendez d’être prêt et vous agissez de manière
claire et décisive.
Lorsque vous êtes
prêts, pas besoin
d’hésiter,
car agir coule alors
de source et
les actes ont
plus de poids
que les mots."
Extrait du livre "L'évangile selon Jésus - Un nouveau testament
pour notre époque" de Paul Ferrini
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires




